Policiers brûlés à Viry-Châtillon : Que faire pour permettre la reconquête républicaine ?


19 octobre 2019

Alors que le procès des présumés agresseurs des policiers vient de s'ouvrir, effectuons un zoom sur ce que cette attaque à changer dans la gestion de la reconquête républicaine.

Le temps de la reconquête républicaine s'annonce long
Le temps de la reconquête républicaine s’annonce long (©Actu Essonne)

Le 15 octobre dernier, le procès des agresseurs présumés des policiers brûlés de Viry-Châtillon s’ouvrait devant la cour d’assises du tribunal d’Evry-Courcouronnes. Beaucoup attendent des explications, des réponses et des sanctions exemplaires. 

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C’est aussi ce qu’attend Jean-Marie Vilain. Le maire centriste de Viry-Châtillon avait fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes. « Ça restera comme un des pires moments de mon mandat, souffle-t-il. J’espère que nous ne revivrons jamais pareils instants »

Vidéoprotection, police municipale et nouveaux effectifs

Ce soutien aux forces de l’ordre, ce dernier a tenter de l’exprimer par des décisions politiques au sein de sa commune. « Disons que cette attaque n’a fait que confirmer ce que nous voulions mettre en place à notre arrivée aux commandes de la ville en 2014 », résume-t-il. 

A Viry-Châtillon, le maire et son équipe a poursuivi le déploiement de la vidéoprotection qui avait mis le feu aux poudres en octobre 2016. Aujourd’hui, trente caméras sont opérationnelles à l’échelle de la ville. Des dispositions également prises du côté de son voisin grignois.

Dans le même temps, l’édile castelvirois s’est donné les moyens de développer la police municipale. « A notre arrivée, il n’y avait que 6 policiers municipaux. Aujourd’hui, il y en a 17 hébergés dans de nouveaux locaux », relate-t-il.

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Des effectifs supplémentaires de la police nationale spécialement dédiés à Grigny – 15 au total (12 de terrains et 3 judiciaires) – sont venus renforcer les rangs du commissariat de secteur à Juvisy-sur-Orge cet été.

L’importance de la dimension urbaine

Pour autant, la réponse pour éviter que de tels faits ne se reproduisent ne peut pas être qu’uniquement sécuritaire. Comme le décrit Philippe Rio, le maire de Grigny, avec qui Viry-Châtillon partage le quartier de la Grande-Borne, « la dimension urbaine à sa place dans la reconquête républicaine ». 

Pour lui, la phase de rénovation urbaine initiée au début de la décennie permet « une ouverture du quartier sur le reste de la ville. Il y a véritablement un avant et un après », confie l’élu en citant également l’arrivée de services publics au niveau de l’Accroche nord ou encore de praticiens dans le quartier. 

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Un sujet important que pointe également du doigt le maire de Viry-Châtillon. « C’est très bien, mais il faut que l’Etat aide les maires à permettre aux gens de vivre dans ces quartiers », abonde Jean-Marie Vilain.

Education et sensibilisation

Le dernier aspect mis en avant par les élus concernent l’éducation et la sensibilisation. « Si on veut endiguer ces problèmes, c’est primordial d’en passer par là. Il faut sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge sur les questions du vivre ensemble », soulève Philippe Rio. A ce titre, Grigny a d’ailleurs été la ville pilote pour le dispositif des Cités éducatives

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Ainsi, les élus souhaitent développer encore plus ce qu’il se fait déjà dans les quartiers. C’est-à-dire promouvoir la prévention contre la délinquance par le biais de rencontres avec les forces de l’ordre dans les établissements scolaires. L’objectif étant de rétablir une notion de respect et de confiance avec les « hommes en uniforme ».

« Il ne faut pas oublier d’inclure les parents dans cette boucle, reprend pour sa part Jean-Marie Vilain. Tout ce que nous pouvons faire à l’école est une chose, mais les familles assurent une grande partie de l’éducation des enfants ». 

Dans le dossier de l’attaque du 8 octobre 2016, le temps du pardon mettra sans doute de très longues années avant de se manifester. Espérons que le temps de la « reconquête républicaine » ne soit pas aussi long…

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