Morsures et prises de judo sur fond de conflit familial


28 septembre 2019

Un homme comparaissait devant le tribunal correctionnel d'Evry pour des violences exercées sur sa femme et sa petite fille d’à peine un an. Il écope de 4 mois de prison.

L'homme a écopé de 4 mois de prison
L’homme a écopé de 4 mois de prison (©Maps)

Le conflit était latent dans cette famille iranienne habitant à Villebon-sur-Yvette. Un repas de famille a été le déclencheur d’un déchaînement de violence sur plusieurs jours qui a conduit le père à s’expliquer à la barre du tribunal correctionnel.

Dans son pantalon anthracite, sa chemise grise et sa cravate dans le même ton, le prévenu minimise les faits qui lui sont reprochés. Son épouse assistée de son avocate et de celle défendant sa jeune fille ne raconte pas la même histoire.

Voilà dix ans, grâce au statut de réfugié politique qu’elle a obtenu, qu’elle a débarqué en France en provenance de Téhéran. Cette ancienne judokate de bon niveau se marie et attend très vite un petit garçon qui développera au fil du temps un syndrome autistique. Elle obtient un diplôme d’ingénieur agronome, mais son époux refusera qu’elle exerce la moindre profession.

Son époux qui a travaillé quelques années aux Etats-Unis comme assistant social dans les prisons ne peut plus exercer de profession. Il est handicapé à 80%.

Dote pas honorée et incapacité à s’occuper d’un enfant ?

Magdalena* évoque son isolement, les gifles soudaines, les coups reçus pendant sa grossesse avant la naissance de sa deuxième enfant. Tout est parti d’un repas de famille, où le prévenu a reproché à sa belle-famille de n’avoir pas honoré la dote qui leur devait. A l’inverse ses beaux-parents le montraient du doigt pour son incapacité à s’occuper convenablement de son fils handicapé.

C’est ce contexte qui a été plaidé par l’avocat du prévenu : « Pour un Iranien, ses reproches sont vécus comme une humiliation selon les coutumes du pays », a-t-il souligné.

Mais cela n’explique pas le déchaînement de violence qui s’est déclenché quand les époux sont rentrés chez eux. Cris, larmes, gifles, prises de judo pour s’extirper de l’emprise de son mari menaçant, morsures au poignet pour éviter qu’il ne s’empare de leur fille. Alors qu’elle cachait sa situation même à sa famille, Magdalena a porté plainte pour protéger sa fille.

Les juges ont condamné le mari violent à 4 mois de prison ferme assortis d’un aménagement judiciaire strict lui interdisant formellement d’entrer en contact avec la victime.

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