Kubli, la confiserie à la française depuis plus d’un siècle


19 octobre 2019

Avis aux gourmands friands de douceurs, une journée portes ouvertes sera organisée le 30 novembre prochain à la confiserie Kubli de Morangis. Présentation de ce lieu d'exception.

Des bonbons par milliers !
Des bonbons par milliers ! (©Actu Essonne)

Si jouer à la marelle ou à la corde à sauter ne vous aura permis de renouer avec votre complexe de Peter Pan qu’un court moment, peut-être que pénétrer dans la confiserie Kubli de Morangis vous invitera-t-il à retomber en enfance plus intensément.

Alors qu’une myriade d’effluves édulcorées vient vous chatouiller les narines et qu’un éventail de couleurs vives se dépeint sous vos yeux, vous vous surprenez à songer que vous ressembleriez presque à ce petit garçon innocent aspiré dans l’univers pittoresque de Tim Burton dans Charlie et la chocolaterie.

Ici, point de chocolats cependant, mais une avalanche de bonbons. Une cinquantaine de variétés en tout, estampillées du nom de l’enseigne essonnienne ou produites en marque blanche pour le compte d’entreprises et commerçants divers.

Vous souvenez-vous par exemple de ces douceurs rigides, finement ovales, empaquetés d’un emballage chatoyant effet aluminium coloré – tantôt argenté, bleuté, doré ou fuchsia, et que l’on retrouve quasi systématiquement en libre service sur les comptoirs d’accueil de toute banque ou cabinet médical ? Eh bien figurez-vous que c’est justement Kubli qui se cache souvent derrière ces friandises.

Un savoir faire pérennisé depuis près de 120 ans

Si elle s’est aujourd’hui refaite une jeunesse (en 2017) avec un nouveau bâtiment style années 1900 flambant neuf et des machines modernisées, la confiserie Kubli puise son savoir faire à l’avènement du XXe siècle puisqu’elle a été créée 119 ans auparavant par le suisse Jacques Kubli. « C’était un homme qui avait connu plusieurs années le nouveau monde puisqu’il était parti aux Amériques avec objectif de faire fortune, après la guerre de sécession. Les grands espaces enfantaient encore tous les rêves les plus fous avec la ruée vers l’or, le pétrole… », narre Gilles Duault, directeur de la structure.

L'entreprise a fait un lifting en 2017
L’entreprise a fait un lifting en 2017 (©Actu Essonne)

Si l’aventure de Jacques Kubli en Alabama se révèle finalement toute aussi désastreuse que tragique avec de lourdes pertes familiales (trois de ses cinq enfants y décèdent) et financières, son retour en Europe se démontre plus auréolé de providence. « Pour rentrer dans sa terre natale, il arrive en bateau par le Havre et est contraint de rallier Paris où la belle époque de Gustave Eiffel et des Grands Boulevards régnait. La ville le conquière et il s’installe dans le 13e arrondissement, rue du Château des Rentiers », poursuit Gilles Duault.

Il commence alors, accompagné de sa femme plus spécialiste que lui du sujet, une activité de confiserie en pleine capitale. Se développant substantiellement portée par le talents de ces fondateurs, elle sera reprise ensuite par ses enfants, puis les leurs, sur quatre générations. Une réinstallation est initiée à Morangis en 1974 après que la famille ait été expropriée par Pompidou, désireux d’ériger autour de la place d’Italie les grands bâtiments que l’on connaît aujourd’hui. « J’ai racheté l’entreprise en 2009 à Béatrice Kubli qui était l’arrière petite-fille de Jacques Kubli. La société était en difficulté mais nous sommes parvenus à doubler le chiffre d’affaires avec 40 % de notre activité à l’export », explique son nouveau propriétaire, issu du monde de l’agroalimentaire (Gervais Danone, charcuterie, thym, plats cuisinés…).

Des bonbons 100 % naturels

Produisant 550 tonnes de bonbons par an dont 2,5 tonnes quotidiennement, la confiserie Kubli défend son statut de petite structure en recherche de qualité et sauveuse émérite de bonbons traditionnels en voie de disparition comme les ancestraux petits pois au lard. Elle se plaît à réaffirmer à l’heure d’un sugar bashing tricolore assez prononcé que ses produits sont 100 % naturels avec le recours automatique à du sucre de betterave ou de canne, et que les matières premières utilisées proviennent quasi totalement de France.

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