Elle risque la cour d’assises pour avoir administré une forte quantité d’antidépresseurs à son fils


28 septembre 2019

Après les révélations de la mère de famille à la barre du tribunal, elle pourrait être passible désormais de la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d’infanticide.

La prévenue a fait une tentative de suicide à Viry-Châtillon
La prévenue a fait une tentative de suicide à Viry-Châtillon (©Actu Essonne)

Depuis une bonne heure Stella* se débat pas à pas face aux questions de la présidente du tribunal correctionnel d’Evry-Courcouronnes. Elle nie les faits, se défend maladroitement et finit par lâcher dans un souffle : « je voulais l’emmener avec moi ».

Alors qu’elle comparaissait devant la 7e chambre correctionnelle, mercredi après-midi pour administration de substances illicites sur un mineur de moins de 15 ans, cette mère de quatre enfants, après ses révélations, risque de s’expliquer devant la cour d’assises dans quelques mois.

Une vie tumultueuse

Stella a eu une vie tumultueuse. Elle vient de fêter ses 40 ans. Elle a eu 4 enfants de quatre pères différents. Elle n’a jamais véritablement travaillé et vit grâce à des aides sociales. Au mois de mars dernier, à Viry-Châtillon, elle a tenté de mettre fin à ses jours dans l’appartement du compagnon qu’elle fréquentait depuis quelques semaines.

Circonstances aggravantes, elle a administré des médicaments à son petit garçon de 8 ans qui l’ont plongé dans un état semi-comateux pendant 3 jours.

Une fragilité psychologique ?

Stella a grandi à Melun où elle a presque toujours vécu. Les experts qui l’ont examiné décrivent son extrême fragilité psychologique. Un ancien compagnon, présent à l’audience, lui parle de ses troubles affectives, de ses mensonges permanents qui l’ont conduit à faire croire à son entourage que son petit garçon était atteint de leucémie.

« Quand nous nous sommes séparés, elle m’envoyait des photos qu’elle avait prise au bord de la Seine ou au dernier étage d’une tour de Melun. Elle disait qu’elle allait se suicider si je ne revenais pas », explique-t-il aux juges.

« Son sac à main c’était une vraie pharmacie », comme l’ont raconté d’autres témoins auditionnés par le juge d’instruction en charge du dossier. Au lendemain de la tentative de suicide de la jeune femme, des analyses ont été effectuées sur son fils, qui ont révélé qu’il avait absorbé une forte quantité d’antidépresseur sédatif.

Une tentative d’infanticide ?

Au cours de cette enquête, une autre analyse d’un cheveu du petit garçon a été conduite. Des traces de Valium, de Lexomil, et de Laroxyl qui remontaient à plusieurs mois ont été décelées. Ce prélèvement dont les résultats sont apparus au cours du procès ont changé le cours de l’audience ; ce qui a amené les juges à envisager une requalification des faits pour lesquels Stella était poursuivie.

Si le juge d’instruction, qui reprendra le dossier, démontre que la mère de famille administrait régulièrement ces substances illicites à son petit garçon et non pas simplement le soir des faits, elle risque de s’expliquer devant la cour d’assises pour tentative d’infanticide ; ce qui au regard du droit pénal est assimilable à un meurtre.

Dans ce cas, la peine encourue est la réclusion criminelle à perpétuité.

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