Avec ses manteaux bon marché, il escroquait les personnes âgées


28 septembre 2019

Un habitant d’Aulnay-sous-Bois a dû s’expliquer pour une série d’escroquerie proférée à l’encontre de personnes âgées près du marché de Milly-la-Forêt comme dans le Perche.

L'escroc a été jugé ce jeudi 26 septembre
L’escroc a été jugé ce jeudi 26 septembre (©Actu Essonne)

Barbe bien taillée, Denis* n’a pas déployé ses talents oratoires devant la chambre du Tribunal correctionnel d’Evry-Courcouronnes hier après-midi. Ce quadragénaire d’Aulnay-sous-Bois se dit marchand ambulant. Il vend des vêtements qu’il achète en gros.

Denis n’a pas de boutique, ni d’emplacement sur les marchés. Son domaine c’est la rue, avec sa voiture à proximité, pour s’échapper en cas de nécessité. Ses clients préférés qu’ils dénichent sur un bout de trottoir ce sont des personnes âgées vulnérables.

Il se faisait passer pour un parent

A petit pas Fernand* un ancien architecte de Milly-la-Forêt âgé de 90 ans s’approche de la barre des témoins et raconte d’un trait de sa voix chevrotante : « J’étais au marché avec ma femme. Je l’attendais dans la rue tandis qu’elle faisait la queue chez le boucher. Et cet homme m’a abordé. Il m’a appelé par mon prénom et c’est fait passer pour un parent d’une de mes connaissances professionnelle dans la région de Montbrizon. Il était bien habillé et souriant et je ne me suis pas méfié », poursuit le nonagénaire.

« Et très vite il m’a dit : « J’ai un cadeau pour vous, j’ai des invendus je vais vous en faire profiter ».

Son présent c’est un manteau en simili daim qu’il a acheté 32 euros. Il le donne au vieille homme et lui dit : « Je n’ai pas de facture mais je dois payer la TVA. Y’en a pour 300 euros. » 

Prestement le vendeur à la sauvette après quelques courbettes accompagne sa victime au distributeur pour retirer la somme. Le temps que la victime réalise, il est déjà bien loin. Si Denis a sévi autour du marché de Milly-la-Forêt il a procédé selon le même mode opératoire dans le Perche autour des villes de Ginai et Tourouvre.

Quatre victimes dont la plus âgée a 93 ans ont cédé à sa technique bien rodée pour des montants de plus de 500 euros. Devant ses juges, Denis conteste toute forme d’escroquerie : « J’ai tendance à embellir mes produits, je le confesse, c’est mon défaut. Mais c’est une vente normale, y’a rien de choquant. Ses personnes ont porté plainte contre moi parce qu’elles étaient vexées d’avoir payé cher le manteau » répond-t-il à la présidente du tribunal.

Une tendance « à embellir » ses produits

Son visage comme sa plaque d’immatriculation ont été reconnus sur des images de vidéosurveillance. Les victimes l’ont formellement identifié quand elles ont été entendues par les gendarmes de l’Orne et de l’Essonne.

Fernand est toujours aussi affirmatif quand la juge lui demande de confirmer : « c’est lui, ça ne fait aucun doute », s’exclame-t-il.

Les débats entre la procureur de la république et l’avocat du prévenu ont tourné autour de la qualification des faits portant sur la vulnérabilité des victimes et les limites entre la vente forcée et de l’escroquerie. A l’issue des délibérés, le prévenu a été déclaré coupable d’escroquerie sans que le caractère de l’âge avancé des victimes ne soit retenu. Il a été condamné à 8 mois de prison avec aménagement de peine.

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