Après les agressions à répétition, les pompiers de l’Essonne sont à bout de nerfs


17 septembre 2019

Après quatre agressions en 48h, les pompiers de l'Essonne affichent un lourd bilan avec 56 plaintes déposées depuis début janvier. Les pouvoirs publics tentent de se mobiliser.

Les pompiers ont subi quatre agressions en 48h
Les pompiers ont subi quatre agressions en 48h (©Actu Essonne)

Les chiffres sont éloquent et parlent d’eux mêmes. Depuis début janvier, les pompiers de l’Essonne ont été victimes de nombreuses agressions entraînant le dépôt de 56 plaintes. Rien que sur le week-end des 14 et 15 septembre, les soldats du feu ont essuyé quatre agressions lors d’interventions en Essonne. Coup de poing à Etampes, violences à Grigny et jet d’urine à Savigny-sur-Orge ont émaillé leurs dernières 48 heures.

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« Leur métier doit être respecté »

Une situation que les services d’incendie et de secours du département ne veulent plus subir. « Nous ne pouvons pas accepter que ces hommes et ces femmes qui assurent la sécurité de tous au quotidien soient attaqués. Leur métier doit être respecté et ils ont le droit de l’exercer dans les meilleures conditions possibles », s’est exprimé Alain Caroli, le directeur du SDIS 91.

Afin de dénoncer ces faits de violences, qui émanent parfois des victimes elles-mêmes, pompiers, services de l’Etat et élus du conseil départemental de l’Essonne se sont rassemblés symboliquement devant les portes de l‘Assemblée départementale ce lundi 16 septembre. « Ce n’est pas parce qu’un phénomène se reproduit qu’il est moins acceptable, lance le préfet Jean-Benoît Albertini, une pancarte « Touche pas à mon pompier » en main. C’est pourquoi nous allons signer un nouveau protocole inter-services dans les jours à venir afin de renforcer la coopération entre les pompiers, la police et la gendarmerie ».

Les syndicats dans l’attente de mesures concrètes

Une annonce que certains syndicats ne peuvent entendre. « Ce rendez-vous et cette annonce ne sont que des opérations de communication. C’est un pansement sur une jambe de bois. Outre le fait que nous sommes en sous-effectif, le seul moyen de s’en sortir, c’est de prendre le problème à la base », s’emporte Jean-Christophe Cantot de la CGT, repris par un de ses collègues : « Il faut mettre le paquet sur l’éducation ou encore les services sociaux ».

Pour sa part, Eric Dupuis, vice-président d’Avenir secours CFE-CGC est plus mesuré. « C’est la première fois que nous voyons un tel événement. Attendons maintenant les mesures concrètes du ministère de l’Intérieur », indique-t-il, tout en rappelant son souhait de voir les agresseurs « sanctionnés plus fortement ».

Ce dernier évoque aussi la possibilité d’instaurer des formations « pour le personnel afin de mieux gérer ces situation de crise ». 

Les caméras-piétons

De son côté, le Département, par l’intermédiaire de Dominique Echaroux, le président du SDIS 91, avance la possibilité d’équiper les pompiers de caméras-piétons. « Nous allons tester ce dispositif dans deux casernes du département cette hiver. Si cela a un impact positif sur le nombre d’agressions, nous pourrions le généraliser à l’échelle de l’Essonne dans les mois à venir ». 

Cette semaine, syndicats de pompiers, élus et services préfectoraux doivent se rencontrer afin de fixer les grandes lignes du protocole. 

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