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Le groupe ECT a donc choisi de faire machine arrière, à la suite de ces levées de bouclier. Le dirigeant de l’entreprise qui se disait d’ailleurs « parfaitement légaliste » dans l’attente de la décision du préfet, aura donc pris les devants, et suspendu pour le moment son projet d’entreposage. La raison principale étant le manque avéré de portage politique local. « Alors que la réunion du 7 septembre dernier a montré que la condition d’acceptabilité au plan politique du projet d’ECT de renaturation de la Prairie de Villebon n’était en l’état plus remplie » communique l’industriel, il note que deux collectivités importantes, le Département et l’agglo, « ont proposé d’approfondir la réflexion sur ce dossier aux fins d’aboutir à un projet alternatif ». Manière pudique de dire qu’il lui faut totalement revoir sa copie.

Message capté cinq sur cinq par ECT, qui annonce avoir « décidé de surseoir à la demande d’autorisation de son projet ». Non sans spécifier vouloir « prendre le temps d’une nécessaire réflexion sur la définition et la mise en œuvre de cette solution alternative, avec l’ensemble des parties prenantes concernées, élus, collectivités et services de l’Etat ». Ce retrait de demande d’autorisation est en tout cas une « grande victoire pour les riverains de la vallée de l’Yvette » se réjouit la commune de Champlan dans un communiqué, dont la pétition avait atteint 6600 signatures. A la tête de la fronde depuis l’annonce du projet, son maire Christian Leclerc dit ainsi se féliciter « que la mobilisation citoyenne, avec les élus, les associations et la population, qui est intervenue au nom du bon sens, de la défense du cadre de vie, de la biodiversité et de la question récurrente des risques d’inondations, ait permis pour une fois de donner raison à l’intérêt général au détriment des considérations financières ».

La vigilance reste toutefois de mise du côté des acteurs mobilisés, qui craignent que le projet resurgisse un jour « sur de nouvelles bases » et « sous un habillage marketing ». Ils comptent ainsi poursuivre leur « mobilisation citoyenne » pour promouvoir un projet alternatif de restructuration de la zone humide d’origine de la prairie de Villebon.