Le tout nouveau ministre, dépendant du large ministère des territoires, ne s’est pas attardé, et le cortège composé entre autres de Francis Chouat, maire d’Évry et candidat à la succession de Manuel Valls dans la première circonscription, et de Philippe Rio maire (PCF) de Grigny, a poursuivi son chemin jusqu’à l’espace Jeunes Henri Barbusse, où le ministre s’est entretenu avec des élus et des habitants du quartier. La dégradation des copropriétés, c’est justement c’est dont est venu parler le ministre chargé de la ville et du logement auprès de Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

Le 10 octobre dernier, Julien Denormandie a en effet annoncé un plan “Initiative copropriété”, pour agir en urgence dans 14 sites prioritaires, dont deux se situent en Essonne : six copropriétés des Pyramides à Évry, et Grigny 2. “Ici, des familles vivent parfois dans des endroits insalubres, où des travaux n’ont pas été faits par le passé, et qui se retrouvent donc dans une situation d’insécurité qui n’est pas acceptable”, a expliqué le ministre, tout en faisant écho au récent drame de la rue d’Aubagne à Marseille, ville où s’était tenu le premier comité de pilotage de ce plan.

L’axe principal de ce projet est d’abord de faire financer entièrement par l’État des travaux à effectuer d’urgence et que Philippe Rio a égrené : “Des ascenseurs qui ne fonctionnent plus, des balcons qui par endroit s’effritent dangereusement, ainsi que des remises aux normes électriques”. L’édile a également évoqué le besoin d’aménagements anti-incendie, en rappelant le feu qui s’était déclaré dans l’une des tours du quartier à la fin de l’été 2017.

24 millions d’euros débloqués

C’est notamment à la suite de ce sinistre que le maire de Grigny avait demandé à l’Etat un financement pour des travaux prioritaires. “C’est cette demande initiale qui a donné lieu au projet du 10 octobre” a affirmé le ministre, qui a salué le rôle pionnier de son hôte du jour dans ce plan. Un plan qui devrait concerner à terme près de 700 copropriétés et 56 000 logement dans toute la France. Concernant la copropriété géante de Grigny 2, elle fait déjà l’objet d’un troisième plan de sauvegarde (lire dans nos archives), et est depuis 2015 inscrite en ‘opération d’intérêt national’ (OIN) par l’Etat. Plusieurs restructurations ont déjà été menées dans la copro, et la géothermie s’est installée à proximité, pour tenter notamment de résoudre le fléau des charges.

A Grigny, ce sont 24 millions d’euros qui vont être débloqués pour ces travaux d’urgence. Le plan, dans son intégralité, sera lui financé à hauteur de 3 milliards d’euros par l’Etat, “sur les cinq à dix prochaines années”, a précisé le ministre. L’autre grand volet de la visite ministérielle, d’ordre plus législatif, concernait les marchands de sommeil, pour lesquels Julien Denormandie a eu des mots très durs, les qualifiant tour à tour de “trafiquants de misère” ou encore d’”escrocs”.

En la matière, le ministre s’appuie sur la loi Elan sur le logement, votée en septembre dernier. Elle permet notamment de faire de la location de logement insalubre un délit, et ainsi de considérer judiciairement les marchands de sommeil “comme des trafiquants de drogus”, a insisté à plusieurs reprises Julien Denormandie. La récente loi prévoit aussi d’empêcher les marchands de sommeil condamnés d’acquérir un nouveau bien avant dix ans, et de ne plus toucher d’indemnités d’expropriation versées par les municipalités, comme cela était jusqu’ici possible.