Roms et associatifs unis pour nettoyer un camp de Vigneux-sur-Seine

15 avril 2018

Les abords d’un petit camp aménagé le long de la Seine ont été nettoyés tout le week-end. Les citoyens mobilisés espèrent avoir le temps de régler les problématiques qui se jouent ici avant un probable démantèlement, et ainsi casser un cycle sans fin.

Rouleaux de sacs-poubelles, balais, fourches, gants épais et forte motivation ont été nécessaires tout au long du week-end sur cette partie de l’Ile Brune, à Vigneux-sur-Seine. Aménagé le long de la Seine et bordé par les champs, un petit camp habité essentiellement par des hommes et des femmes de la communauté Rom a vu ses abords nettoyés par une partie de ses occupants et quelques associatifs soucieux de leur sort. Ici et là, mais assez loin du site pour éviter la prolifération des rats, les objets cassés et souillés, les aliments avariés et les déjections s’accumulaient peu à peu.

« Les hommes ne nettoient pas », résume, dans un léger sourire, l’une des femmes vivant au sein de cet espace éphémère, pour expliquer la très faible représentation masculine à la manœuvre. Solide gaillard âgé de 25 ans, Cátálin ne prétend pas le contraire. Il consent tout de même à pousser un chariot rempli de sacs gonflés d’immondices jusqu’à la benne installée à l’entrée de l’étroit chemin rural qui mène au camp d’une trentaine d’habitations. « Je suis content que l’on nous aide à nettoyer », glisse-t-il en français, entre deux allers-retours.

« Notre objectif est de résorber ce camp, en aidant les personnes qui y vivent à s’insérer dans la société »

Julie Ozenne est aux manettes de ce grand nettoyage menée dans le cadre de l’opération Essonne verte Essonne propre. Mais pour son association, Citoyen en Seine, créée voilà peu dans le but de protéger et l’environnement et le citoyen, l’objectif est bien plus large qu’un coup de balai dans cette zone naturelle, connue pour être un réservoir de biodiversité.

 

« Un campement de ce type a été rasé dans ce secteur il y a deux ans, et celui-ci le sera certainement, sait-elle d’expérience. Notre objectif est de résorber ce camp, en aidant les personnes qui y vivent à s’insérer dans la société. » Elle espère obtenir du propriétaire du terrain, le Port autonome de Paris, une convention temporaire d’occupation.

Pour France Gruber, membre de l’association de solidarité en Essonne avec les familles roms et roumaines, c’est un cycle d’errance qu’il est primordial de casser. « Il faut faire quelque chose, parce que sinon ce sera sans fin, souffle celle qui contribue à assister ces familles. Au bout de quelques mois, tout est détruit et tout est à recommencer. »

Cátálin ne nourrit pas d’illusion sur la pérennité de cette installation. « On nous a déjà cassé notre camp, pas loin d’ici, se rappelle-t-il. S’ils détruisent celui-là, on ira à côté. » Avec les bons matériaux, il lui suffira d’une ou deux journées pour se construire un endroit où vivre à l’abri.

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