Rien n’était en effet acquis à l’époque. Déjà nous nous interrogions sur le problème de la différence de couleurs politiques entre les deux maires, Francis Chouat et Stéphane Beaudet, qui aurait pu nuire aux négociations. Une incompatibilité balayée en l’espace de quelques mois puisque Stéphane Beaudet a quitté son parti Les Républicains dès le début d’année, et que Francis Chouat s’est lui fait élire député et a rejoint le groupe En Marche en novembre avec le soutien de l’édile de Courcouronnes, à la suite de la démission surprise de Manuel Valls, qui occupait ce mandat dans la première circonscription (notre dossier sur ce scrutin)

L’ancien Premier ministre, qui s’était positionné en faveur de la fusion, a ainsi, dans sa course à la mairie de Barcelone, résolu une équation complexe sur laquelle nous nous interrogions alors. Car si Stéphane Beaudet était déjà fortement pressenti pour devenir le premier maire d’Évry-Courcouronnes à la fin du mandat de Francis Chouat, restait à savoir quel rôle allait jouer Manuel Valls dans ce jeu de chaises musicales. Dans notre décryptage du 15 janvier dernier, nous posions en effet cette question : « Reste à savoir quelle fonction occupera Manuel Valls dans cette équation à trois, dont le mandat de député court jusqu’en 2022. »

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Alors que l’ancien maire PS d’Évry fait à l’heure actuelle campagne en Catalogne pour le parti Centriste-libéral Ciudadanos, on se dit que la politique va en effet bien vite.

Restait alors à interroger la question de l’adhésion des habitants à ce projet. Rapidement, la question d’une participation des 70 000 habitants des deux communes via un référendum a été mise de côté. Francis Chouat expliquant à l’époque qu’il préférait opter pour une série de consultations plutôt que pour la formule référendaire « qui se résume souvent à un vote sanction ». Nous avons donc voulu mettre à l’épreuve l’aspect démocratique de cette décision, en menant un travail historique sur les précédentes fusion ayant déjà eu lieu dans notre département. Dans le ças d’Evry-Courcouronnes, c’est donc au terme d’un processus de quelques mois seulement que l’affaire a été pliée.

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Plus récemment, le résultat de l’élection législative partielle qui s’est tenue notamment dans les deux villes concernées aura également eu une influence sur la fusion qui s’apprête à voir le jour. L’élection de Francis Chouat, avec le soutien des maires de la circonscription étiquetés ou proches de la droite, a en effet été récemment interprétée par la mairie d’Évry comme une forme de plébiscite en faveur de la fusion, malgré une abstention record (lire notre article). Ce sont d’après ce qui est écrit dans le magazine municipal, des résultats qui « confortent la démarche d’union. Avec 59,4% des suffrages (pour Francis Chouat) à Evry et 71,77% à Courcouronnes, la création de la commune nouvelle Evry-Courcouronnes se trouve largement confortée. La démarche d’union des maires dans l’intérêt de nos villes et pour préparer l’avenir a été comprise et clairement soutenue ». Une affirmation qui laisse songeur… Reste à savoir comment va s’orchestrer concrètement cette union dans les mois à venir (regroupements des services, des associations etc…), à partir de l’élection de Stéphane Beaudet, programmée le 8 janvier qui vient. Des 77 élus des deux conseils municipaux qui sont réunis, 28 adjoints au maire seront également désignés.