La raison de ce désaccord, selon l’établissement, serait que l’Education nationale ne reconnaîtrait pas les élèves en unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) que comptent l’école. Une position qui interpelle du côté de la municipalité qui s’interroge sur la position du gouvernement : « Comment, d’une part, favoriser l’inclusion de ces élèves s’ils ne comptent pas dans les effectifs réels de l’école, et d’autre part, comment l’école peut-elle intégrer ces enfants sans qu’ils soient dans les classes en sureffectif ? « , peut-on lire sur le communiqué de la municipalité. Alerté par le service de la vie éducative de la ville et les représentants FCPE des parents d’élèves de cette école, Jean-Marie Vilain a interpellé le Directeur Académique des Services de l’Education Nationale (DASEN) pour lui faire part de sa position sur cette « affaire« . Il a également demandé à Robin Reda, député de l’Essonne de saisir le gouvernement sur sa position  » inégalitaire qui ne fait que renforcer la discrimination entre les porteurs de handicap et les personnes valides« .

« Il n’y a pas de refus »

« C’est situation n’est pas normale ». C’est ainsi que le maire de Viry-Chatillon a décrit la situation qui touche actuellement l’école Camus. « On a 250 élèves dans cette école et on devrait avoir une classe supplémentaire, surtout car ces enfants qui sont dans une situation de handicap ont besoin d’un encadrement important », a déclaré Jean-Marie Vilain. Ce dernier est ensuite revenu sur la non comptabilisation des 10 élèves handicapés. « C’est ahurissant, qu’en 2018 ces enfants ne puissent pas être considérés comme les autres. C’est de la discrimination. Les familles de ces enfants vont partir en vacances, sans savoir s’ils sont inscrits sur les listes de l’école l’année prochaine », a t-il poursuivi. De notre côté on accueillera les enfants même s’ils ne sont pas comptabilisés. Je refuse de considérer ces enfants comme différents des autres. J’ai donc discuté avec le directeur Académique qui m’a fait savoir que l’Education nationale commençait à travailler sur le sujet mais sans donner de réponses précises, et leur projet concerne les prochaines années. Nous on a besoin de réponses concrètes et rapides pour rassurer les familles », a t-il ajouté. « Je vais rencontrer prochainement les parents d’élèves et je serais avec eux pour leur réaffirmer mon soutien ».

Interrogée sur un prétendu refus d’ouverture de classe à l’école Camus de Viry-Chatillon, l’Education nationale a tenu à démentir cette information. « Il n’y a pas de refus d’ouverture de classe concernant cette école, les élèves en unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) sont intégrés dans les classes ordinaires et sont suivis par des enseignants spécialisés. Ces professeurs viennent donner des cours et participer à des projets particuliers avec les élèves. Il n’y a pas de classe réservée spécialement pour ces élèves, le groupe est composé de 10 élèves qui sont repartis dans les différentes classes », explique-t-elle. « Ils sont donc bien comptabilisés par l’Education nationale comme faisant partie des effectifs de l’école », conclu le DASEN.

« Il n’y a aucun changement, aucune réponse »

Recontacté depuis le début de l’affaire, le maire de Viry-Chatillon fait le point sur l’avancé du dossier : « Il n’y a aucun changement, aucune réponse du ministre« , déclare Jean-Marie Vilain, qui se dit « inquiet de cette absence de réponse« . Le maire castelvirois qui a expliqué qu’en cas de réponse négative, il pourrait, en accord avec les parents d’élèves,  » mener des actions pour contraindre l’éducation nationale à revoir sa position« , précisant qu’il ne s’agit en rien d’une menace et que ces actions se feront « dans le cadre et le respect de la loi« . Si le maire castelvirois est resté évasif sur les actions qui pourraient être envisagées, il a tenu à réaffirmer sa position, en réclamant que les 10 enfants en situation de handicap soient bien considérés par l’Éducation Nationale et qu’une classe supplémentaire leur soit attribuée. Interrogé sur l’attitude du ministère, le maire reste persuadé qu’ « il  n’y a pas de volonté du coté du ministère de stigmatiser ces élèves même si les faits montrent le contraire« . Jean-Marie Vilain reste donc dans l’attente, d’une réponse « concrète qui mène vers une solution et pas une réponse administrative ».