Chez les Martinot-Lagarde, le stade est une affaire de famille : le père est juge professionnel pour la fédération française d’athlétisme, et le grand frère de Pascal, Thomas Martinot-Lagarde, est également athlète. « On a baigné dedans depuis qu’on est enfants, c’est dans notre sang, on kiffe ! », rigole Pascal. Il vient de terminer son entraînement et prévient : « je serais un peu fatigué pour répondre aux questions ». Mais cinq minutes plus tard, il n’en est rien. Bien au contraire, PML déborde d’énergie et de confiance en ses capacités.

"La Team PG, c'est super parce qu'on a tous le même esprit de combativité, et qu'on s'encourage tous. On se tire vers le haut" (AR/EI)

« La Team PG, c’est super parce qu’on a tous le même esprit de combativité, et qu’on s’encourage tous. On se tire vers le haut » (AR/EI)

Une vie en décalage mais pas de manque

Depuis qu’il a obtenu son BTS en 2011, il ne consacre sa vie qu’au saut de haies. À raison de deux heures d’entraînement par jour, cinq jours par semaine. « Quand on est athlète, on vit différemment. Oui, je fais moins la fête, mais je n’ai pas de manque, je m’éclate assez sur les pistes ! » Que fait-il en dehors de ses entraînement ? Pascal Martinot-Lagarde mime un ronflement :  » je reste longtemps à me reposer ! Sinon, je joue à Call of Duty, tous les athlètes font ça ! On joue même ensemble en réseau ! »

PML doit également prendre soin de son corps, son outil de travail. En 2012, une blessure a compromis ses chances de participer aux Jeux Olympiques, une déconvenue difficile à encaisser. « Quand on est athlète, on a toujours mal quelque part. Il faut s’entraîner avec ça, mais ne pas atteindre le point de blessure ». Sur sa carte de visite, il a fait inscrire une sorte de devise personnelle « No pain, no gain » ( « sans douleur pas de bénéfices » ndlr ). Alors, il est abonné au kiné, une séance par semaine : « les autres y vont deux fois par semaine, mais mon corps réagit très bien, alors ça suffit. » L’ostéopathe est aussi un passage obligatoire. Financièrement, « je m’en sors grâce aux médailles » explique Pascal Martinot-Lagarde, qui est déjà sponsorisé par une grande marque. Il cherche quand même un travail avec emploi du temps aménagé, sésame des sportifs professionnels.

"Quand on est athlète, on a toujours mal quelque part. Il faut s’entraîner avec ça, mais ne pas atteindre le point de blessure" (AR/EI)

« Quand on est athlète, on a toujours mal quelque part. Il faut s’entraîner avec ça, mais ne pas atteindre le point de blessure » (AR/EI)

« Je me vois en finale mondiale »

PML a réalisé une très bonne saison en salle cet hiver. S’attribuant comme en 2012 le titre de champion de France du 60 m haies à Aubière, il termine troisième des championnats d’Europe de Göteborg sur la même distance, à seulement 4 centièmes du titre, avec « des regrets à cause d’un mauvais départ ». Ces bonnes performances indoor ont été confirmées lors d’un stage auquel il a participé en Californie au mois d’avril, avec l’équipe de France. Pour sa rentrée en plein-air il a tapé un grand coup en terminant son 110 m haies en 13″28, avec un vent cependant trop favorable pour enregistrer le chrono. Mais son prochain objectif, qui sont les minimas pour les championnats du monde de Moscou cet été, paraît totalement atteignable (13″36). Il devra pour cela descendre sous son record personnel qui est à l’heure actuelle de 13″41. « Il a beaucoup gagné en maturité » dit de lui son entraîneur Patricia Girard, « mais il doit passer par des phases de travail, gagner en expérience » . Et surtout ne pas se blesser comme en 2012, ce qui lui a fait manqué les Jeux Olympiques. Il insiste ainsi sur ses échauffements, et se sent surtout « plus fort que l’année dernière » à la même période.

Il confirme ainsi vouloir réaliser les minimas assez tôt dans la saison, « comme ça ça sera fait » sourit-il. Peut-être dès dimanche lors du meeting de Montgeron? « On verra ça… » répond-il. Patricia Girard considère que son protégé « est devenu très redoutable », et de prévenir : « il est très fort en ce moment, mais mon rôle c’est de le faire durer ». Le jeune Pascal Martinot-Lagarde a conscience de ce potentiel : « je me vois en finale mondiale »n’hésite-t-il pas à affirmer, tout en se concentrant d’abord sur les prochaines échéances, le meeting de dimanche, le travail sur « le départ, les cadences et la vitesse » , les championnats de France qu’il compte bien remporter, puis le rendze-vous mondial de Moscou, au mois d’août. A 21 ans, PML se sait attendu. 2013 sera-t-elle l’année de sa consécration?