Nous les avions quittés, pour la plupart, dans l’attente, ce mercredi 23 mai, lendemain des premiers résultats dévoilés par la plateforme d’admission post-bac, Parcoursup. Nous les avons retrouvés ce mercredi 30 mai, au sur-lendemain d’une nouvelle vague de résultats donnée par cette même plate-forme. Une semaine après les premiers résultats, force est de constater que le sourire n’est pas vraiment au beau fixe pour ces élèves de Terminale, à un tournant de leur vie étudiante, voire même de leur vie professionnelle.

À lire égalementNotre long reportage : la grande loterie des lycéens (abonnés)

D’après les chiffres rendus publics par le ministère de l’Education, la moitié des lycéens se sont vus proposer une admission à l’ouverture de Parcoursup, soit 400 000 des 820 000 inscrits à la plateforme. Si certains ont obtenu des premiers choix, d’autres ont préféré attendre avant de valider leur voeux, et espérer remonter dans les listes d’attente des filières voulues. Ces contingents de lycéens en attente prennent leur mal en patience, alors que les épreuves du bac approchent.

Certains espèrent encore…

Certains, néanmoins, gardent tout de même le moral. En liste d’attente le 22 mai dernier, plusieurs d’entre eux ont pu voir leur situation évoluer après un peu plus d’une semaine d’attente. Anaïs ne nourrissait pas de grands espoirs lors de notre premier passage au lycée Doisneau de Corbeil. Actuellement en Terminale L, cette jeune fille trustait les listes d’attente de chacun de ses vœux. Si c’est pour l’instant toujours le cas, elle se montre optimiste quant à une issue positive dans les prochaines semaines. « J’ai avancé de quelques places. mais je suis presque arrivée au bout pour les voeux que j’ai demandé. Je garde espoir », assure-t-elle alors qu’elle souhaite intégrer la filière LLCER à l’université de Cergy.

Même constat pour Latifa, une de ses camarades de classe. Si l’un de ses vœux favoris a été accepté dès les premiers résultats de Parcoursup, elle espère encore intégrer la Sorbonne nouvelle pour laquelle elle est toujours en liste d’attente. En Terminale ES dans le même lycée, Angel a, lui, été accepté à cette fameuse Sorbonne, en Lettres Modernes plus précisément. « La semaine dernière j’étais en 80e position sur la liste, et j’ai finalement été accepté. Je pense néanmoins aller en licence d’histoire à Evry, où j’ai aussi été accepté », précisant sa préférence pour l’histoire, ainsi que la distance un peu trop grande pour rejoindre Paris.

En préparation du bac L au lycée Truffaut de Bondoufle, Killian avait obtenu une acceptation, Evry, et le reste de listes d’attente pour des licences d’Histoire, lors du premier tirage de Parcoursup. Il a choisi de valider sa fac de proximité mais de garder certains voeux en attente. « Je suis remonté, environ un peu partout autour de la 200è place, parfois sur 900 » décrit le lycéen, en spécifiant être « toujours en liste d’attente pour les facs de Paris » qu’il souhaiterait intégrer. « J’ai eu Sorbonne université, mais la licence est sur le site de Clignancourt, ce qui est trop loin pour moi » poursuit-il, mais croise toujours les doigts pour être admis à Tolbiac ou Diderot, « ce qui fait une heure  et quart de transport ». Comme ses camarades, il devra valider son choix définitif le 26 juin, c’est à dire pour lui Evry si il n’est pas remonté d’ici  làsur les listes d’attente. Dans sa classe, « beaucoup de mes amis qui n’ont demandé que Paris, surtout en langue, sont toujours en attente » commente-t-il.

… d’autres semblent résignés

Au lycée Jean-Baptiste Corot, l’inquiétude et le soulagement dessinent le visage des Terminales. Mélangé à l’enthousiasme des secondes connaissant leur affectation en première, les terminales pensent à leur vie a l’enseignement supérieur. « J’étais tellement loin placé à la Sorbonne que j’ai choisi Evry, je retenterai ma chance l’année prochaine ou en master » explique un élève de Terminale L. Retenter sa chance l’année prochaine : de nombreux élèves espèrent avoir la faculté de leur rêve après avoir passé un an dans leur second choix. D’autres sont contents de ne plus être accroché au site et de devoir suivre l’acheminement de leur place au niveau du classement, « je commençais à devenir fou, je n’arrivais plus à réviser la seule chose que j’avais dans la tête c’était mon classement qui défile lentement » raconte une élève de Terminale L qui a fait un choix hors-Parcoursup.

C’est devant le lycée Doisneau de Corbeil que nous retrouvons ensuite Quentin, Benjamin et Kylian. Petit rappel de leur situation au 22 mai dernier, ces trois élèves en STI étaient alors en liste d’attente pour leurs vœux respectifs. Et si Quentin a finalement pu obtenir les vœux qu’il souhaitait, ce n’est pas le cas de ses camarades, toujours dans l’attente. « J’ai juste gagné des places, j’attends encore », avoue Benjamin qui souhaite poursuivre ses études en DUT Génie civile. « J’ai gagné quelques places aussi, mais pas beaucoup », désespère quant à lui Kylian, qui souhaite pouvoir intégrer un DUT. « Si je n’ai pas le choix, j’accepterai ce que j’aurai », poursuit-il.

Comme lui, d’autres élèves peinent à voir le bout du tunnel alors que l’échéance la plus importante de l’année arrive à grands pas. En Terminale ES au lycée Doisneau, Juliette, qui se considère comme une élève moyenne, n’a toujours pas de réponse positive alors qu’elle n’a demandé que des Fac de Droit. « Je suis en liste d’attente partout, même à Evry, même si je ne suis pas trop loin dans la liste, comme à Orsay ou à Nanterre. Mais je n’ai toujours pas de vœux en admission » s’inquiète-t-elle. Une élève de Terminale ES de Corot n’a également pas de « oui » dans sa liste, si son classement s’est avancé, elle semble résignée et vise désormais les écoles privées.  » Ce qui m’énerve c’est que ça nous pousse à prendre un crédit dès 18 ans pour rentrer dans une école privée parce que Parcoursup nous prive de nos droits d’aller dans une école publique de notre choix, c’est abbérant », s’emporte la jeune fille.

À lire égalementNotre reportage : à Corot, on vise la reprise du mouvement en septembre

Forcer le destin?

Au lycée des Loges, à Evry, les choses ont légèrement bougé en une semaine. Celles et ceux qui avaient eu des propositions ont choisi leur affectation. Comme ce groupe de Terminale L qui ne s’en sort pas trop mal : histoire, lettres ou langue comme poursuite d’études. Romain, en Terminale ES, a choisi le Droit à l’antenne Melun d’Assas, alors qu’il avait eu trois propositions. Il se maintient toutefois en attente pour une prépa de l’école Saint-Cyr. Au cas où. « Je ne suis pas si loin dans la liste d’attente » spécifie-t-il, avec son bon dossier scolaire, et prévoit même de se rendre sur place pour voir si son dossier avance : « c’est aussi une manière de leur montrer que même si je viens de loin, je suis motivé, ça pourra peut-être jouer » espère-t-il.

Même démarche pour Nathan, en STMG, qui a obtenu seulement une liste d’attente et que des refus. Il s’est rendu au lycée proposant le BTS pour lequel il est en lice. « J’ai de bonnes chances de l’intégrer » croit-il après cette visite. Pour les moins chanceux, il faudra désormais compter sur les commissions qui seront mises en place cet été au niveau des rectorats, pour trouver une place de fac aux bacheliers qui n’auraient pas obtenu d’ici là une affectation. Ceux-ci pourront de nouveau émettre 10 voeux, cette fois dans les filières où il restera des places.

Syndicats et personnels des lycées, mais aussi étudiants, ainsi que des parents d’élèves, mettent en place un dispositif « SOS inscription » pour résoudre les démêlés estivaux des futurs étudiants. Au soir du 6 juin, deux semaines après la première vague de Parcoursup, environ 600 000 candidats se sont vus proposer une affectation, soit 75% des jeunes inscrits sur la plateforme, selon les indicateurs mis à jour quotidiennement sur le site du ministère. Mais moins d’un sur deux (285 000) a validé définitivement son choix, les autres préférant attendre une meilleure proposition. Il sera difficile de mesurer dans ces conditions la proportion de jeunes satisfaits de leur affectation et ceux qui opteront pour une filière ‘par défaut’.