Dernier exemple en date, et non des moindres, la venue du Premier ministre Edouard Philippe au centre d’essais automobile de l’UTAC à Montlhéry, vendredi 16 novembre dernier. Accompagné de son ministre de la Transition écologique François de Rugy, il s’est rendu dans cette entreprise située dans l’enceinte de l’autodrome, transformé en piste pour des batteries de tests. Il lui a ainsi été présenté les différents systèmes d’homologation des véhicules. Dans ce centre de test, on mesure notamment les émissions de particules par les véhicules. Il s’agissait également de faire passer un message à la veille de la mobilisation des « gilets jaunes ».

À LIRE ÉGALEMENTNotre dossier : « la goutte d’eau qui fait déborder les gilets jaunes » (abonnés)

« On peut manifester, mais bloquer un pays, ce n’est pas acceptable » a déclaré Edouard Philippe. Une visite de 40 minutes pour le Premier ministre et son ministre, avec à la clé le ton donné par l’exécutif face à la colère exprimée des manifestants du 17 novembre. Il interviendra quelques jours plus tard au journal télévisé de France 2 pour commenter le week-end, et reste ainsi en première ligne gouvernementale pour calmer la fronde. En Essonne, il a insisté sur les mesures compensatoires à l’augmentation du prix des carburants, comme la prime écologique.

L’Intérieur vient prendre le pouls

Une semaine auparavant, le 9 novembre, le tout fraichement nommé ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat Laurent Nunez étaient de passage dans le nord de l’Essonne, « afin de rencontrer les personnels des commissariats, dont certains sont situés en zones de sécurité prioritaire ». Auprès du policier blessé il y a deux ans dans une attaque incendiaire d’abord, puis avec les fonctionnaires de Savigny, Athis et Juvisy, avant de se déplacer, suivi d’un long cortège, entre Viry et Grigny dans le secteur de la Grande Borne, il a pris le temps de discuter avec de nombreux interlocuteurs.

Christophe Castaner est passé salué les forces de police à la Grande Borne de Grigny notamment

Christophe Castaner est passé saluer les forces de police à la Grande Borne notamment (JM/EI)

A commencer par les agents de police, en premier lieu. Des hauts gradés du département aux brigades de terrain et autres CRS, le ministre a salué et échangé avec les personnels. Il s’est aussi fait expliquer par les maires de Grigny et Viry-Chatillon, Philippe Rio et Jean-Marie Vilain, les problématiques de sécurité locales ainsi que la rénovation urbaine. Viry-Grigny, visite obligée pour tout nouveau pensionnaire de la place Beauvau? « Je ne me sens obligé de rien » répond Christophe Castaner à Essonne Info, « il y a d’abord une dimension humaine » indique-t-il, en référence à la visite au policier blessé « sans média ». Une occasion aussi pour lui de constater « comment les choses se sont transformées en quelques années » à la Grande Borne, notamment en matière urbaine, à commencer par l’ouverture de la voie de bus. Il y a enfin « une vraie fierté de voir la reconquête républicaine » en oeuvre selon lui sur le quartier, « qui s’est vraiment pacifié ».

Une visite en tout état de cause « pacifiée », par la présence massive de fonctionnaires de police tout au long du parcours emprunté par le ministre. Des snipers sur les toits aux différentes brigades mobilisées des commissariats alentours, ce déploiement de force semblait du même acabit que celui de la visite de son prédécesseur Gérard Collomb à Corbeil-Essonnes en septembre (lire notre article). Un format peu propice aux rencontres avec les habitants. Les élus ont tout de même pu discuter longuement avec le ministre, comme le maire de Grigny se disant « chanceux » de voir des engagements dans sa ville pour « les trois piliers de la reconquête républicaine, notre projet de cité éducative, le logement et aujourd’hui la sécurité ».