Les agriculteurs avaient prévu leur plan, ils l’ont mis à exécution. Depuis ce lundi matin, le mouvement national orchestré par la FSNEA et les Jeunes agriculteurs a impacté 14 raffineries/dépôts de carburant sur l’hexagone. Les agriculteurs français sont en colère, et souhaitent bien évidemment du changement, notamment concernant l’importation de produits comme l’huile de palme. Parmi les sites touchées, on retrouve celui de Grigny. Dès 2h du matin, environ 80 agriculteurs étaient présents sur les lieux pour bloquer le centre d’approvisionnement en carburant de la ville. « On se mobilise contre l’importation d’huile de palme qui vient concurrencer la filière colza », annonce d’emblée Frédéric Arnoult, président des jeunes agriculteurs d’Île-de-France. « Au-delà de ça, c’est globalement l’importation de produits étrangers qui ne respectent pas les normes françaises qui dérange. On ne peut pas demander aux agriculteurs français de faire de la qualité, de répondre aux attentes des consommateurs, de respecter l’environnement, tout en important de l’huile de palme qui détruit des milliers d’hectares de forêts ».

Les agriculteurs remontés contre l'huile de palme (GD/EI).

Les agriculteurs remontés contre l’huile de palme (GD/EI).

Objectif de cette mobilisation?; faire passer un amendement qui empêcherait l’importation des produits qui ne respecteraient pas les normes françaises, sans être soumis aux taxes douanières. Les agriculteurs souhaitent par ailleurs faire partie des débats autour de l’agriculture, et espère enfin être entendus par le gouvernement. « Ça fait des mois qu’on a plus la parole, qu’on ne nous écoute plus.On voudrait être remis dans le débat », poursuit Frédéric Arnoult. « Aujourd’hui on est prêt à aller vers la transition environnementale et sociétale. On est là pour défendre l’agriculture que veulent les consommateurs, pas les choses dévastatrices pour la planète comme l’huile de palme ».

Pour se faire entendre les agriculteurs ont donc choisi de frapper fort en s’attaquant aux raffineries et dépôts de carburant de l’hexagone, ils souhaitent ainsi « appuyer là où ça fait mal pour être écoutés ». « A cette allure, 95% des agriculteurs français vont droit dans le mur », s’inquiète-t-il. Quatre-vingt au début du blocage, ils sont désormais une quarantaine sur les lieux alors qu’un roulement s’effectue tout au long de la journée. Ce lundi après-midi, des agriculteurs en provenance des Yvelines doivent à leur tour arriver sur le site essonniens. Déterminés, les mobilisés assurent qu’ils vont rester au minimum trois jours. « Tant qu’on pourra bloquer, on bloquera jusqu’à ce qu’on ait ce que ‘on veut », conclut-il alors qu’une pénurie d’essence n’est pour l’instant pas à craindre, même si la raffinerie de Grand Puits (Seine-et-Marne), et les sites de Coignières (Yvelines) et de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) sont aussi touchés sur la région.