Cette classe supplémentaire devient nécessaire car l’école compte déjà de nouvelles inscriptions, soit 11 élèves au-dessus du seuil légal pour l’ouverture d’une classe. C’est d’ailleurs la première incompréhension du côté des représentants des parents : « Normalement il suffit d’atteindre 248 élèves pour pouvoir ouvrir une classe, nous, nous sommes largement au-dessus et nous n’avons qu’une ouverture conditionnelle ». A cela, le chef de cabinet du Directeur Académique rétorque que « la prévision des effectifs n’est pas toujours facile à établir. Quand des incertitudes demeurent et que les effectifs approchent les seuils, par mesure de prudence, il est préférable de différer à la rentrée le retrait ou l’ouverture d’une classe ». Chaque année de nombreuses écoles demandent l’ouverture d’une classe supplémentaire, comme à Saulx-les-Chartreux en 2016.

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Déjà plus de 1000 signatures sur la pétition ouverte depuis vendredi dernier (Mairie de FLB)

Mais il faut dire qu’à Fontenay-lès-Briis, les élèves commencent à se sentir à l’étroit. Seules trois classes respectent la norme de 31 élèves par classe, avec une apogée en grande section avec 35 élèves. Une situation qui devient critique et dangereuse pour les élèves et les enseignants, met en garde un parent élu : « les violences physiques et verbales sont de plus en plus fréquentes dans les grandes classes. Par exemple, il y a 10 jours dans la classe de CM2, un élève a jeté sa chaise sur ses camarades. Et ce n’est pas la première fois qu’une telle chose arrive, et les maîtresses sont dépassées ».

Des soutiens bien au-delà du village

Alors dans l’attente d’une classe supplémentaire, les maîtresses « rêvent » de voir la situation s’améliorer. Mais pour cela, elles devront sûrement encore patienter quelque temps car la décision définitive ne sera donnée qu’après un comptage des élèves à la rentrée, le 3 septembre prochain. « Il est primordial que tous les élèves soient là le jour de la rentrée, car cela fera office de comptage officiel », explique une parent d’élève élue. Outre le comptage en septembre, une ouverture sous condition ne permet pas aux maîtresses de préparer leur travail pédagogique en avance, et les élèves devront changer de classe une semaine après le début de la nouvelle année. De plus, la mairie s’est engagée à financer le matériel (chaises, tables…) à hauteur de 8–10 000 euros et un pré-fabriqué est en place en attendant les futurs travaux.

Les banderoles sont disposés partout dans la ville (Léopold Le Compagnon)

Les banderoles sont disposés partout dans la ville (Léopold Le Compagnon)

Pour éviter tous ces problèmes d’organisation et préparer au mieux la prochaine rentrée scolaire, les parents d’élèves et la mairie se sont fortement mobilisés. Depuis vendredi, des banderoles « école en danger », « ouverture sans condition », « parents en colère » envahissent les rues, et une pétition sur interneta été ouverte. Celle-ci compte déjà plus de 1125 signatures. Une belle surprise pour un village qui compte 800 foyers, dont seulement 176 familles ont au moins un enfant scolarisé dans cette école. Pour atteindre ce chiffre, les Fontenaysiens ont pu compter sur des soutiens extérieurs : Dany Boyer du Conseil départemental de l’Essonne, Christian Schoettl maire de Janvry, le 8ème village préféré des Français, ou encore Jean-Raymond Hugonet, ancien maire de Limours et sénateur : « Je n’oublie pas que j’ai été élu pendant 18 ans à Limours, et pour moi l’éducation est un sujet majeur dans le pays. Donc je répondrai toujours favorablement aux personnes qui me sollicitent », développe-t-il. « Les classes surchargées sont un problème pour les élèves. En 18 ans, je vois que les enfants ont énormément évolué et c’est très compliqué de faire la classe à 27 élèves d’aujourd’hui ».

Tous mobilisés, ils espèrent changer la décision du Conseil départemental de l’Education nationale. Il ne leur reste plus que quelques jours de mobilisation avant les grandes vacances, même si ça ne s’arrêtera pas là affirment les parents d’élèves élus : « Nous continuons et nous continuerons à envoyer les chiffres des nouveaux inscrits au CDEN pour qu’ils reviennent sur leur décision au plus vite ». Une nouvelle mobilisation a eu lieu ce vendredi à 16h30 devant l’école avec encore plus de personnes mobilisées.