Corbeil-Essonnes : la grogne monte à l’hôpital après l’annonce d’un plan d’économies

15 mai 2018

Une nouvelle réunion se tenait ce mardi matin avec la direction concernant les suppressions de postes annoncées.

Le malaise s’amplifie au Centre hospitalier Sud francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes, depuis l’annonce par la direction d’un nouveau plan d’économies comprenant la suppression de 50 postes. Après un vote négatif de toutes les instances de l’établissement contre ce plan, une nouvelle réunion se tenait ce mardi matin avec un appel à débrayer de la part des syndicats Sud, FO et CGT. Une cinquantaine de membres du personnel ont interpellé la direction de l’hôpital.

« On vous parle de souffrance au travail, on n’en peut plus ! On ne peut même pas poser nos vacances parce qu’il n’y a personne pour nous remplacer ! » s’exclame une femme travaillant en pédopsychiatrie. « Monsieur le directeur, allez-vous vous opposer radicalement à ces 50 suppressions de poste ? » demande un délégué syndical.

« Il va y avoir discussion avec l’Agence régionale de santé. Nous leur avons déjà transmis les votes et la motion contre le plan », répond le directeur. La direction indique également que « les mesures envisagées portent sur des gels de postes et des recrutements différés. Elles n’entraîneront en aucun cas des licenciements ».

 

« Nous ne sommes pas responsables de ce déficit »

« Si vous acceptez ce plan, ça va être une catastrophe pour les patients et pour le personnel, insiste Catherine Fayet de Sud santé. Nous ne sommes pas responsables de ce déficit, mais nous le subissons. »

L’hôpital de Corbeil, comme d’autres, subit en effet les décisions prises par le gouvernement de baisser les tarifs. « Nous sommes rémunérés à l’acte, mais l’Etat a baissé le montant de ces actes, il rémunère moins les hôpitaux. Il finance également moins le Smur (NDLR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation). Au total, toutes ces décisions nous coûtent 4,4 M€ pour 2018 », explique Catherine Fayet. A côté de cela, les dépenses devraient augmenter de 2,7 M€, du fait notamment de revalorisations salariales décidées par l’Etat, « mais sans qu’il ne donne rien », regrette encore la représentante syndicale.

Le déficit du CHSF a atteint les 15 M€ en 2017 contre 8 M€ en 2016. « Il est pour partie lié à des causes communes à de nombreux hôpitaux, reconnaît la direction. Notamment la baisse des tarifs de séjours de l’Assurance maladie et les coûts induits par le recours à l’intérim dans les métiers en tension, comme les professions médicales. »

Dans le plan d’économies, figure également la fin de plusieurs primes. « Ils veulent aussi baisser les dépenses de formation et de remplacement alors qu’on manque de monde », dénoncent les syndicats. « Nous devons être à 15 ou 16 % d’absentéisme, c’est plus que la moyenne nationale, assure Catherine Fayet. Nous avons de plus en plus de burn-out et nous avons même dû gérer une tentative de suicide cet été, du jamais-vu. Ce sont des signes d’alerte, nous sommes très en colère. »

Les personnels tiendront une nouvelle assemblée générale ce jeudi. Les syndicats les appellent à participer à la grève nationale de la fonction publique le 22 mai prochain.

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