Un problème qui date

Celui-ci remonte environ à 2013, année du spectaculaire accident entre un bus et un RER sur un passage à niveau de Mennecy, qui n’avait heureusement fait que de légers blessés. « Ça avait interpellé les pouvoirs publics de l’époque qui ont décidé de verrouiller le passage à niveau », explique le maire. Les chemins pour rejoindre la D26 et l’A6 s’amenuisant, les riverains en provenance de Mennecy bénéficient depuis de deux axes principaux pour les rejoindre. La D153, autrement appelée « la côte de Montauger », et la Rue de la Montagne traversant Echarcon. L’un étant plus rapide que l’autre, les choses n’ont pas tardé à s’envenimer du côté d’Echarcon. « En 5 ans, on est passés de 30–70 voitures par jour, à 1200. Il y avait un énorme problème de circulation Rue de la Montagne. Il y a eu de nombreuses incivilités, des accidents, des insultes. Une de mes administrés s’est faite cracher dessus… », résume monsieur Rassier.

Un constat largement partagé par les riverains situés aux abords de la Rue de la montagne, un constat qui dérange aussi bien au niveau sonore qu’au niveau de la sécurité et ce, depuis maintenant bien trop d’années. Résultat : la prise de décision du maire et l’installation de ce sens interdit faisant d’Echarcon une sorte de giratoire un peu plus grand que la normale. Désormais limitées au cœur du village, les automobilistes empruntent désormais le Chemin de la cave aux renards pour se diriger vers la D26 et l’A6, et la Rue de la montagne pour en revenir. De cette évolution ressortent des contents… et des mécontents.

Habitant de la Rue des Sablons, rue de la discorde dans la continuité de la Rue de la montagne, ce quarantenaire se satisfait pleinement de ce nouvel aménagement. « Ça coupe le problème en deux. Je pense que pour toutes les familles qui sont là c’est bien. Au lieu d’avoir tous les véhicules qui passent par là, il y en a que la moitié. Pourquoi nous on devrait tout avoir, et eux (ndlr ; les riverains de la Rue de la cave aux renards) rien ? », répond cet Echarconnais. Présidente du Collectif Citoyen d’Echarcon, créé fin juillet à la suite des décisions prises par le maire, Maud Chalon entend bien les arguments de ses voisins, elle s’interroge néanmoins sur la manière de procéder et sur la pertinence de cette nouvelle circulation. « Les habitants de la Rue de la montagne ont eu raison de pester. Hors de question de les repénaliser. Mais le maire a fait ça sans prévenir, sans l’accord du conseil municipal. Maintenant il y a une file ininterrompue qui passe ici de 6h jusqu’à 10h30 et de 16h jusqu’à 23h30. On était assez effarés. Pourquoi faciliter le transit par l’endroit où il y a le plus d’habitations », peste-t-elle, elle qui habite Rue de la cave aux renards.

Travaux et recours

Son de cloche identique pour d’autres habitants désormais impactés par ce nouveau sens de circulation. « On aurait aimé une consultation de tout le village. Ça a été installé du jour au lendemain, on était pas au courant. C’est dangereux et on est bien moins tranquilles », concède ce père de famille, tout en reconnaissant la difficulté du problème. « Il y a du bon et du mauvais dans ce qui a été fait. Le problème a été déplacé ».  Un problème déplacé, et donc toujours pas réglé  pour beaucoup d’Echarconnais. Le maire reconnait bien volontiers que les routes de sa commune ne sont pas adaptées à ce rythme de passage et entend bien faire des travaux. « La ville a un petit budget, chaque chose en son temps. Des aménagements vont être réalisés Rue des sablons mais aussi Rue de la cave aux renards où il y aura des accotements et des ralentisseurs », détaille-t-il regrettant que certains automobilistes bafouent le code de la route. « Le village est limité aux 3,5 tonnes, il y a parfois des 33 tonnes qui passent. Des poids lourds qui passent aussi sur les petits ponts de la commune, je m’interroge sur la solidité de ces derniers. C’est inquiétant », poursuit-il en espérant l’aide du département, ou encore de la Communauté de Communes du Val d’Essonne pour trouver un remède à tous ces problèmes.

Du côté du Collectif Citoyen d’Echarcon, on ne compte pas non plus en rester là. Persuadés que d’autres solutions étaient envisageables, Maud Chalon et les administrateurs du collectif ont déjà entamé plusieurs démarches. Après avoir envoyé une lettre au conseil municipal (22 juillet) puis un recours gracieux au maire de la ville (2 août) afin « d’abroger son arrêté temporaire de circulation », le collectif a poursuivi sur sa lancée en envoyant un recours hiérarchique au Préfet (7 août) afin d’abroger l’arrêté du 4 juillet dernier qu’il qualifie alors « d’illégal ». « Si début septembre on a pas de réponse , on transforme le collectif en association et on déposera un recours devant le juge administratif », précise Maud Chalon. Un timing qui coïncide parfaitement avec la rentrée, et donc à une reprise totale du trafic. De quoi ne pas laisser ce sujet aux oubliettes. « La solution ça serait de ne plus passer par Echarcon », nous dira-t-on…